Le cirque français Franco-Canadien doit quitter notre
pays au plus tard demain à 14 heures. C'est ce que
l'inspection du SFP Service Bien-être animal de la ministre
de la Santé publique Laurette Onkelinx, chargé
du Bien-être animal, a décidé en accord
avec la police de Boussu-Bois (dans le Hainaut, à une
trentaine de km de la frontière française).
L'inspection l'a fait savoir à GAIA, l'organisation
de défense des droits des animaux.
À la suite d'une plainte de GAIA contre le Cirque
Franco-Canadien concernant le bien-être animal et établissant
une longue liste d'infractions, l'inspection du SFP Service
Bien-être animal était bien décidée
cet après-midi, accompagnée d'une quarantaine
de policiers locaux, à saisir les lions, les lamas,
les chameaux, les chevaux, les poneys et les chèvres,
au total une trentaine d'animaux. Le cirque n'en était
en effet pas à son coup d'essai. À la suite
de plaintes antérieures de GAIA, le cirque s'était
déjà vu plusieurs fois dresser procès-verbal.
La police ne maîtrisait plus la situation
Toutefois, tout à coup, tant de gens du voyage ont
surgi, selon l'inspection, que la police ne maîtrisait
plus la situation et face à des menaces de mort, a
décidé vers 15 heures d'abandonner toute l'opération.
En concertation avec la police, l'inspection du SFP Service
Bien-être animal a décidé ensuite que
le cirque devait quitter le pays le lendemain pour 14 heures.
Inacceptable
Le président de GAIA, Michel Vandenbosch, estime inacceptable
la violence des gens du cirque et très significative
de leur mentalité: "Voilà des individus
qui ne veulent s'en tenir à aucune règle légale,
et quand les autorités veulent enfin agir comme il
se doit, ils recourent à la violence. Ainsi, ils se
placent au-dessus des lois. En un mot: une mafia."
Un signal
GAIA veut que la ministre Onkelinx impose au cirque Franco-Canadien,
qui tourne également sous d'autres noms (cirque Peterson,
Cirque de l'Enfance, cirque Zavatta, Cirque Mikaèl)
une interdiction d'encore venir en Belgique avec des animaux.
"La ministre doit donner un signal clair et net",
estime Michel Vandenbosch. "La loi le lui permet."
Les infractions
GAIA a déjà plusieurs fois porté plainte
contre ce cirque parce que les poneys, les chevaux, les chèvres
les vaches, les lamas et les chameaux que le cirque transbahute
sont enchaînés, contradictoirement avec la loi.
Les animaux ne disposent pas d'un hébergement extérieur
obligatoire et souvent pas non plus d'un hébergement
intérieur ou alors qui ne correspond pas aux normes
légales minimales. Ainsi, les lions ne disposent pas
d'un hébergement extérieur obligatoire légalement
et n'ont qu'un hébergement intérieur trop exigu.
Des délits
En mai de l'an dernier, (à Gozée, près
de Charleroi), l'inspection de la ministre Onkelinx a interdit
au cirque d'encore détenir deux zèbres qui étaient
enfermés sans hébergement extérieur dans
une petite remorque de camion.
Le cirque Franco-Canadien possédait aussi à
l'époque un poney qui restait couché pendant
des jours avec une lésion grave à la jambe.
En octobre, la protection des animaux liégeoise découvrait
dans le même cirque un chien de race Saint-Bernard avec
de très sérieuses affections cutanées.
Une liste noire
"Ce cirque n'est pas le seul qui foule la loi aux pieds",
souligne Michel Vandenbosch. "Nous avons établi
une liste noire sur laquelle on trouve aussi e. a. Zavatta
Pacific, Anthony Zavatta alias Jackson et Montréal.
Les communes et villes, surtout en Wallonie, supportent également
une lourde responsabilité car elles laissent ce genre
de mafia poursuivre ses activités. Même sur les
terrains privés, la loi doit être respectée".
La loi qui protège les animaux de cirque est en vigueur
depuis 2005. Depuis cette année-là, les normes
pour l'hébergement des animaux sont également
d'application sur les aires de repos, quand les cirques ne
sont pas en représentation.
Source : GAIA |